Axe commercial majeur en France jusqu'à la seconde moitié du XIXe siècle, la Loire a généré une intense activité économique à Châteauneuf. Un recensement, daté de 1780, atteste que cette petite bourgade représentait alors le cinquième port de Loire, par le nombre de ses mariniers, derrière des villes telles que Nantes, Angers, Tours et Orléans.
La Loire est avec ses 1012 kilomètres, du Mont Gerbier-de-Jonc à Saint-Nazaire, le plus long fleuve de France. L'ensemble de son bassin recouvre un cinquième du territoire français. Il s'agit d'un fleuve au régime irrégulier (de très basses eaux estivales alternent avec des crues hivernales) et réputé dangereux du fait de ses multiples bancs de sables. Les premières embarcations connues en Loire datent de la préhistoire. L'époque gallo-romaine voit le trafic se développer considérablement jusqu'à ce que la chute de l'empire romain puis les invasions scandinaves ne le freinent. Influencée par les techniques de construction des Vikings, l'activité de batellerie reprend et prospère au coeur du Moyen Âge, avec des bateaux traditionnels à fond plat, les chalands. Au début du XIXe siècle, l'arrivée des bateaux à vapeur marque la période faste de la navigation ligérienne. En 1822, La Loire est le premier né de la lignée éphémère de ces bateaux à vapeur. Progrès techniques et rentabilité stimulent bientôt cette épopée. Un des symboles des avancées technologiques fut Le Vulcain, construit en 1834. Son faible tirant d'eau lui permettait, en effet, de naviguer même en période de basses eaux. Le bateau, malheureusement, explosa à Tours en 1837. On compta six morts. Vers 1840, les bateaux à vapeur mesurent plus de 45 mètres et peuvent faire l'aller et retour Nantes-Angers dans la journée avec 250 passagers à bord dans un cadre luxueux : on y trouve des salons et un service de restauration. En 1843, est inaugurée la première ligne de chemin de fer entre Paris et Orléans. Les bateaux continuent d'assurer la continuité du transport vers Nantes et Nevers. Mais, l'avancée inexorable du chemin de fer (en 1846 il est à Tours, en 1848 à Saumur, en 1849 à Angers, en 1851 à Nantes) condamne progressivement les compagnies fluviales. Les projets d'aménagement du fleuve ou de création d'un canal latéral, soutenus par la Société de la Loire navigable, sont abandonnés. Après l'apogée de la première partie du XIXe siècle, c'est la fin de la navigation en Loire. Les derniers mariniers abandonnent leur bateau et partent à la recherche d'un autre métier, de préférence en rapport avec le fleuve.
 | L'installation d'un musée de la marine de Loire à Châteauneuf |  |  |
A partir de 1960 et après l'organisation d'une première exposition, la commune de Châteauneuf s'est investie dans une entreprise de résurrection de son patrimoine fluvial. La création d'associations (certaines spécialisées dans la reconstruction de bateaux), la multiplication d'ouvrages et d'études sur la Loire ou l'ouverture en 1997 de salles consacrées à ce thème au Musée historique et archéologique de l'orléanais et, à venir, au Musée des ducs de Bretagne à Nantes, illustrent ce regain d'intérêt. En s'installant dans des locaux dignes de ses collections, le Musée de la marine de Loire de Châteauneuf est à même de satisfaire ce nouvel engouement. |
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