La fin du XVIe siècle est en France un temps de crises où, comme aujourd'hui, spectacles et loisirs semblent offrir un exutoire à la dureté des temps... Crimes politiques et guerres de Religion contrastent alors avec les fastes et les fêtes de la Cour. La figure méconnue et mal aimée d'Henri III, troisième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, qui monte sur le trône de France en 1574 après la mort prématurée de ses frères aînés François II et Charles IX, incarne les ambiguïtés du temps.
Roi intellectuel, artiste et poète, mais aussi administrateur soucieux du royaume, Henri III connaît les derniers feux de la Renaissance : ceux de l'éclat des fêtes et du brasier des guerres. Roi de Pologne et roi de France, admirateur de l'Italie, Henri III personnifie la dimension européenne de la Renaissance.
Sa personnalité, que la postérité a enfermée entre une légende rose et une légende noire (qu'il partage avec sa mère), mérite un réexamen. Moins connu que sa mère Catherine de Médicis et son successeur Henri IV (dont on commémore les 400 ans de l'assassinat en 2010), qui fut son contemporain, tantôt allié et tantôt ennemi, Henri III est volontiers associé à Blois à cause des États généraux qu'il y organisa et de l'assassinat de son rival politique Henri de Guise qu'il y fomenta. Lettré et fin politique, le dernier des Valois est victime d'une légende qui fait de lui un roi faible et maniéré.
Superbes tapisseries, portraits peints et sculptés, tableaux historiques, gravures et libelles de propagande, armes, armures et objets d'art prêtés par le Louvre, les musées nationaux (Écouen, Pau...) et de nombreux musées et collectionneurs privés français et étrangers, dont plusieurs oeuvres présentées pour la première fois en France, feront revivre cette époque troublée.
Dispositifs scénographiques et multimédia renouvelleront l'image d'Henri III, de Catherine de Médicis et de leur époque.